Overblog
Editer la page Suivre ce blog Administration + Créer mon blog


Histoires confinées

Publié par mamzelle-bougeotte ©

Préambule

 

Tout a commencé avec un virus, étrange, sorti de nulle part, qui a soudainement envahi nos vies. En plaisantant avec des amis, nous nous demandions quels films, quelles séries, ou quels livres, s'inspireraient de cette crise.
Avec des titres allant du film d'horreur à l'histoire drôle. Du "nanar" au film d'auteur.
Du complot à la tranche de vie...

 

Partant de cette liste, je me suis donné le défi d'en écrire des nouvelles. Suivant le titre, inventé en une fraction de seconde, pour me guider dans le récit.

 

Voici la première nouvelle : Croisière en quarantaine (initialement titrée : Meurtre sur paquebot en quarantaine). Que va-t-il vraiment se passer sur ce navire ? Qui sont les passagers bloqués à bord ? Vont-ils survivre ?

 

 

Bonne lecture, et je vous prie de pardonner les erreurs et coquilles potentielles de ce texte d'amateur...

 

©Texte et image non libres de droits - 2020

 

Croisière en quarantaine

 

 

Cabine 607, 23h44.

 

La lune brille comme un phare au milieu de l'océan cette nuit. Ses reflets dessinent les flots salés qui rencontrent le navire, et je vois presque la plage d'Hopefull Bay. La mer est calme, l'air est chaud, mais pas suffocant. Je me demande si je pourrais rejoindre la plage à la nage. Elle n'est pas si loin et je suis plutôt bonne nageuse. Au pire, je fais la planche, je sais très bien faire la planche. Avec la lune pour me guider jusqu'au rivage, je serais sur la terre ferme bien avant l'aube. Qui pourrait s'en rendre compte ? Bien sûr, demain matin au petit déjeuner, Mathew, du room service, resterait devant une porte close et silencieuse. Mais, après tout, c'est déjà arrivé.

 

L'autre jour, Antonio, de la cabine 609 n'avait pas répondu. Il avait passé la nuit à descendre une par une les minis-bouteilles de son minibar dans sa mini-cabine, comme il disait. Et après avoir chantonné deux ou trois chansons de chez lui, il était tombé dans un sommeil profond qui l'avait englouti jusqu'à 14h, heure du café gourmand.

 

C'est fou comme nos journées sont rythmées par nos petits plaisirs gustatifs. Il ne sonne plus 9h à l'horloge, mais l'heure des toasts grillés, 13h – lasagnes ou salades, 14h – café gourmand, s'ensuivent l'heure de la pomme-ou-banane, du blue-lagoon, de la petite-bière-et-cacahuètes, du diner du jour, et enfin du digestif-ou-infusion.

 

Quand j'ai réservé cette croisière, je ne pensais pas me retrouver cloîtrée dans ma cabine à m'empiffrer toute la journée. Ce n'était pas vraiment le plan.

 

Alors oui, on finirait bien par remarquer que j'ai disparu. Mais j'aurais déjà quitté le navire, atteint la plage après deux ou trois tasses, et quitté le pays par le premier avion. Qui pourrait me le reprocher ? Je vois déjà les gros titres : "La fugitive de l'Ocean View", "Qui est la femme de la cabine 607 ?", "À-t-elle survécu à la traversée ?".

 

Est-ce que les autorités de mon pays m'attendraient, l'air sévère, sur le tarmac de l'aéroport ? Est-ce qu'au lieu d'être cloîtrée dans une cabine trois étoiles avec room service, plus tout à fait H24, je me retrouverais cloîtrée dans une cellule qui sent l'urine et sans fenêtre ? Pas sûre d'y gagner au change. Je vais peut-être rester ici finalement. Ce n'est pas si mal une croisière, navire immobile, ancré dans la baie pendant 40 jours, à mater la TV Thaïlandaise et à siroter des Blue Lagoon. Je commence même à comprendre le thaï, à moins que ce ne soit le Blue Lagoon...

 

Toutes les animations à bord sont suspendues. Fini les soirées-spectacles de l'équipage, visiblement accro à la tequila. Fini le paddle autour du navire, le rameur au troisième étage, sur le plancher lisse et sous l'air climatisé. Fini la roulette, le poker et le bruit des machines à sous du casino, bloqué dans les années 80. "Même le SPA et les échecs sont interdits", s'offusquait la dame avec son chien. Seules animations possibles : le room service, l'alcool, la TV thaïlandaise, et, accessoirement, la possibilité infime, mais tout de même probable – d'après le capitaine – de choper une bonne vielle grippe. Un truc probablement anodin, mais potentiellement mortel, bref, un truc dont on ne sait rien, absolument rien, pour le moment. La seule chose que l'on sait, c'est qu'aucun port ne souhaite nous accueillir. Alors, forcément, la croisière s'amuse un peu moins.
La grippe-anodine-mais-potentiellement-mortelle, j'aime autant passer mon tour.

C'est tout moi ça, je dépense deux mois de salaire pour une super croisière, et je me retrouve en quarantaine, à cause d'un virus inconnu et sorti de nulle part.

C'est sympa les vacances. Très reposant. J'aurais dû partir en Corrèze.

 

Cinq cas déclarés au jour 3, 12 au jour 9, 28 au jour 12... Putain de paquebot ! Je me demande si ya moyen de se faire rembourser. En tout cas, pour moi, c'est fini les croisières ! On m'avait dit "toi, en croisière ?! Tu vas t'ennuyer !" Ils ne pensaient pas si bien dire... je m'ennuie comme un vieux rat mort dans la cale oubliée du fond.

Ça pourrait être pire. C'est vrai, heureusement que je vois toujours le verre à moitié plein ! Enfin sauf celui du Blue Lagoon, qui, lui est désespérément vide. Sérieux, c'est une croisière trois étoiles et il n'y a pas d'happy hour ? Ils doivent rationner l'alcool. On est mal, on est très mal.

 

Non vraiment, ça pourrait être pire. Et ce n'est pas comme si j'étais vraiment seule dans cette chambre, il y a deux ou trois voix, dans ma tête, qui me tiennent compagnie. Je me demande si je vais finir encore plus folle qu'avant ? Ce serait la "loose"1 quand même de sortir de cette quarantaine pour finir en camisole. Décidément, entre cette cabine, la camisole et la prison, je suis bien tombée en fait. C'est cool, c'est une expérience, et on commence à parler en morse avec Antonio, le voisin de gauche. Bon, on en est au "ça va?", "oui, ça va, et toi ?", mais c'est génial, notre marge de progression est énorme. Alors on ne va pas s'ennuyer. On pourrait très bien discuter depuis nos balcons, mais c'est moins fun. Et puis, Rolande et Elsa, les deux sœurs de l'autre cabine, à ma droite, finissent toujours par squatter nos discussions. Ce n'est pas que je ne les aime pas, les sœurs du Michigan, mais elles sont un peu racistes sur les bords, surtout après l'heure Blue Lagoon.

 

Non, vraiment, tout va bien dans la cabine 607.


Putain, c'était quoi ce crie ?!

Rolande a-t-elle finit par égorger sa propre sœur ? À moins que ce ne soit l'inverse. Elle a dû faire un cauchemar. C'est vrai, c'est plutôt flippant comme situation. La nuit dernière, j'ai rêvé que Mr Covid frappait à ma porte, pour me proposer un Blue Lagoon, supplément "microbes". C'était bizarre, surtout qu'il avait la tête de mon prof de math de seconde. Sérieux, mon cerveau part en vrille !

 

"Toc toc toc"

Quelqu'un frappe à mon balcon ! Sérieux, les gens, on doit approcher de minuit, on ne peut pas dormir et faire des rêves "chelou" tranquillement ? C'est qui ? droite ou gauche ?

Erika ?

Hum, Antonio, le Mexicain de la 609. C'est pour ça aussi qu'on s'est mis au morse, mon espagnol date du lycée et à part demander des bières, comme quasiment tout le monde, je ne sais plus dire grand-chose.

– Yes ? (Oui, autant essayer l'anglais),
– Què passa?2
"Què passa, què passa..." Qu'est-ce que j'en sais moi ! C'est pas "radio ragots" ici !
– No sé...
– Ask them...3

Me voilà secrétaire du mexicain d'à côté. Cette croisière est pleine de surprise. Ok, je vais voir les deux sœurettes de tribord. Comme si j'avais encore envie d'avoir des nouvelles du fils du neveu de sa cousine du Texas.

Et si elle avait vraiment étranglé sa sœur ? Ce n'est pas un peu risqué de demander à un assassin ce qui se passe ? "Comment mourir dans la minute, pour les nuls." Je suis la prochaine sur la liste ! Ok, respire, tout va bien.

– Elsa ? Rolande ? Everything's ok ?4
La tête de Rolande apparut au-dessus de l'océan, depuis son balcon, faisant faire à mon cœur un tour du monde en deux secondes. Pas besoin de passeport, pas de quarantaine. Je ne m'attendais pas à la voir surgir. D'habitude, elle se contente de parler derrière la vitre opaque qui sépare nos deux coins de vie. Je viens de perdre 2 ans de ma vie. Putain de paquebot...

– Erika ! He's dead, oh my god, he's dead! Me dit-elle, à voix basse, le visage dramatique.
Et voilà la tête d'Elsa qui apparaît à son tour :
– Horrible...
Mais "What?!", c'est quoi ce délire ! Elles ont dévalisé l'alcool du bateau ou quoi ?
– Who is dead? Demandais-je, calmement, résolue à compter une première victime de ce fichu virus.
– The man from the room 608.
– Blood everywhere...
He's been murdered...
– stay in your room Erika.5

 

Et elles disparurent toutes les deux. C'est quoi cette histoire ?! Un meurtre ? Là, maintenant, tout de suite ? Dans la cabine d'en face ? Je suis coincée sur un putain de navire, à cause d'un putain de virus, et là, y a un putain de meurtre ! Je suis bloquée dans un roman de Stephen King ; si ce n'est pas Monsieur Covid qui nous choppe, ce sera Monsieur l'assassin. C'est tout moi ça ; la chance jusqu'au bout. Je suis en vacances avec un serial killer. La prochaine fois, je pars en Corrèze. J'espère qu'Hercule Poirot est à bord, lui aussi.

 

– Erika?
Je l'avais oublié lui...
– Dead? Someone is dead?
– Yes, euh, si, "Mister white beard", you know, the old man from room 608.
– Mierda! Fucking flu! Stay safe.6

 

Ouais, "fucking flu", sauf que ce n'est pas Monsieur Covid le coupable, mais dors tranquille Antonio, dors tranquille. Je devrais peut-être lui dire. Si c'est lui qu'on retrouve assassiné demain matin, ce sera ma faute. Ou peut-être que c'est lui l'assassin ? Putain de merde, c'est lui. Mais non, pourquoi ce serait lui ? Et pourquoi pas ? Je suis en quarantaine, sur un paquebot, y a un virus mortel qui se balade, et maintenant, son pote Monsieur l'assassin. Avec la chance que j'ai, c'est forcément mon voisin ! Si demain, il est mort, alors ce n'était pas lui. Mais qu'est-ce que je raconte ? Personne ne va mourir, personne. Je vais mettre le fauteuil devant la porte du balcon, on ne sait jamais...

Qu'est-ce que ça doit être calme la Corrèze, surtout en cette saison. Ok, fauteuil placé, personne ne devrait pouvoir passer par le balcon. Je ne viendrai pas m'ajouter à la liste des victimes. Voyons maintenant ce qui se passe dans le couloir. Inspiration. Je vais peut-être tomber nez à nez avec le tueur. Erika, il ne peut pas te voir, c'est le principe de l’œil de Judas... Tu parles, dans les films, le gars dehors, il te voit toujours.

 

Personne. Oh purée ! Y a une tache de sang parterre ! Oh la la, oh la la. Qui sort ? Le couple Marseillais. Pourquoi ouvrent-ils leur porte ?

Aller, j'ouvre. Doucement. Sans un bruit.

– mon Dieu, Robert, faut qu'on parte d'ici, chuchote la dame en pyjama jaune canari, chaussons assortis.

– Doudou, rentre dans la chambre, répond son mari, avec des "Homer Simpson" aux pieds.
Ma pauvre petite, ne restez pas là, dit-il en me voyant, un homme vient d'être assassiné !

Mais tout le monde sait tout ici !

– Vous avez vu quelque chose ?
Il regarda autour de nous, comme pour vérifier que personne ne nous épiait.
– j'ai tout entendu.

Mais t'as entendu quoi, Robert ? Aboule l'info !

– quelqu'un a frappé à la porte, dit-il, voyant mon air interrogateur. Ils se sont disputés, l'un d'eux a fait un bruit bizarre, comme un étranglement, et puis il y a eu ce cri horrible. Ça a réveillé ma doudou, c'est pour dire, elle ronfle comme un routier qui a bu trop de vin rouge.
Ça sent l’anecdote bizarre, restons concentrés.

– mais vous avez prévenu quelqu'un ?
– Prévenir qui ? C'est la prison ici ! Et le groom est dans le coup !
– Le groom ?
– Méfiez-vous ! Et il ferma la porte précipitamment, comme un écolier qui aurait fait une grosse connerie, à l'approche du proviseur.

 

Personne, le couloir est vide. Est-ce qu'il a vu quelqu'un venir ? Le groom ? Il est là ! Il a tout entendu, je suis dans la merde ! À coup sur, il a un pass pour ouvrir toutes les cabines, je ne vais jamais m'en sortir. Comment je vais faire ? Comment je vais faire ?

Un bruit. La 610. Qu'est-ce qu'elle fait là ? Il est minuit passé, qu'est-ce que Mme "j'ai 70 ans, vous savez" fait dans le couloir à cette heure ?

 

– vous allez bien mon enfant ? Me demanda-t-elle gentiment, sans surprise de croiser quelqu’un d'autre dans ce navire confiné. Vous n'êtes pas malade ?
Je vais bien, merci.
Mais d'où tu sors ?
– Vous allez bien ? Lui demandais-je, à mon tour.
– Je n'arrive pas à dormir dans ce rafiot merdique...
Eh bien, elle se lâche grand-mère.
– Vous savez, j'ai fait 12 croisières, c'est la 13e, comme quoi ce chiffre est vraiment maudit. C'est vraiment décevant.
Euh, oui, est-ce qu'elle a compris qu'on était en quarantaine ?
– C'est absurde, on ne peut même pas profiter du jacuzzi, vous vous rendez compte ?
– euh, oui... c'est embêtant en effet, mais vous savez qu'il y a un virus à bord, des gens sont malades et...
– oh ils me cassent les pieds avec leur virus.
Ouf, j'ai eu peur...
– J'ai vu pire que ça. Vous les jeunes, à la moindre toux, vous pensez que vous allez mourir.
– Euh, oui (on va tous mourir, un jour ou l'autre), enfin, c'est pour notre sécurité...
– notre sécurité ? Figurez-vous mon ptit que pendant que tout le monde est cloîtré dans sa cabine, le 608 s'est fait zigouiller !
Quoi ? Elle le sait ? Et elle me balance ça comme ça, comme si elle me parlait gâteau ?!

– La sécurité est venue, "dead" qu'il a dit. J'ai peut-être 70 ans, mais je connais un peu l'anglais. J'étais juste à l'angle, près des escaliers, je partais en promenade clandestine avec Charly. C'est que Charly a besoin de se dégourdir les pattes vous savez, et aussi de vider sa vessie. J'ai entendu cet affreux cri de la gorge, et "Security" s'est précipité. Il devait faire sa ronde, pour coincer les grands bandits comme moi et Charly. Le coin est plutôt sombre, en arrivant du couloir, il ne nous a pas vu. "Il est mort", voilà ce qu'il a dit. En anglais bien sûr, mais vous savez, j'ai vécu trois ans à Londres, et il est reparti. Moi et Charly, on a filé par les escaliers pour prendre l'air sur le pont.

 

Pourquoi emmener son chien en croisière ? Ok, ce n'est pas le sujet... Revenons à l'homme de la 608. Est-ce qu'au moins c'est autorisé d'emmener son chien ? Peut-être qu'il est monté à bord caché dans son sac. Un caniche clandestin, c'est tout ce qui manquait sur ce navire. Enfin, je ne vais pas les dénoncer, moi je m'en fiche que Charly arrose le pont tous les soirs.

 

– Et "Security", il était seul ?
– Non, Mathew était déjà là. Partez vite ! Et elle claqua la porte.

 

Avant d'avoir le temps de me retourner, j'entendis :

– Madame Erika ?
Mon cœur vient, à nouveau, de faire le tour de la planète. Je ne survivrai pas à cette croisière, c'est sûr. C'est le groom, putain, c'est le groom.
– euh... oui, juste Erika s'il vous plaît.
"Mme Erika", ça fait un peu voyante ou gérante de maison close. Là, pour le coup,
"Mme Erika" – la voyante – n'a rien vu venir.

– Tout va bien ? Demanda-t-il avec son accent italien.
– Euh...oui.
Putain, sa chemise blanche est pleine de sang ! C'est mes derniers instants, je vais mourir assassinée dans un paquebot en quarantaine. Le sort s'acharne.
– il me reste des digestifs si vous voulez, me dit-il, ponctué d'un clin d’œil complice. Ça aide à dormir, ajouta t-il en me montrant une mini bouteille de rhum.
Il est calme et souriant, pour un assassin. Il veut sans doute me saouler pour me tuer dans mon sommeil. Assassiner dans un couloir, c'est pas super-discret.

 

La porte 609 s'ouvrit, avec la tête d'Antonio qui apparut dans le couloir. Antonio, tu me sauves peut-être la vie !

 

– Hey senor, more alcool possible ?7 Demanda-t-il en balayant le couloir du regard.
Ça va encore chanter Mexicain cette nuit.
– Of course senor8, répondit Mathew, en lui donnant deux mini bouteilles.
Antonio saisit les bouteilles et remarqua la chemise pleine de sang.
– oh, raspberries, dit le groom, comprenant la question silencieuse d'Antonio. 608 not very good person. He asked for somme raspberries, but there were frozen raspberries. So he just throw it to me... It's dead, it will never come out. Ajouta t-il en examinant sa chemise.
– Ah, 608 not dead so ? Demanda Antonio, comme s'il demandait qu'on lui passe le sel.
– Dead ? No, not yet! Dit-il, ponctué d'un clin d’œil pour bien spécifier que c'était de l'humour.9
Humour un peu déplacé, mais à minuit passé, on n'est pas forcément les meilleurs blagueurs du monde.

– ah Sergio ! Dit-il en voyant un homme au bout du couloir arriver."Boat security", nous dit-il, people are becoming crazy, so Sergio do the room service with me.
Ok, I am dead, folks, please, have a good night, conclut-il, en nous invitant à regagner nos cabines.10

 

 

Je referme la porte derrière moi, en pensant que mes cauchemars ont de quoi se nourrir pour cette nuit. Si j'arrive à fermer l’œil.
Raspberries...

 

 

Justes des framboises, saupoudrées de l'imagination débordante et quelque peu paranoïaque de mes voisins de couloir. Le gars de la 608 doit déjà ronfler, en rêvant de framboises fraîchement cueillies.

J'ai hâte de rentrer chez moi, les vacances, c'est usant.

Demain, j'irai quand même frapper à la porte 608, voir si quelqu'un répond...

 

 

 

 

--------------------------------------------------------------------------------------

Pour ceux qui ne comprennent pas l'anglais ou espagnol très approximatif.
Gardez en tête que personne ne parle sa langue natale, ils s'expriment tous en anglais (ou espagnol) de façons non académiques.

 

1. Ce serait vraiment "pas de chance"
2. - Que se passe-t-il ?

3. - je ne sais pas...
    - demande leur !
 

4. - tout va bien ?

5. 
– Erika ! Il est mort, oh mon Dieu, il est mort ! 
– Horrible...
– Qui est mort ?
– L'homme de la cabine 608
– du sang partout...
– il a été assassiné...
– reste dans ta chambre Erika !

6.
– 
Mort ? Quelqu'un est mort ?
– Oui, "Monsieur barbe blanche", tu sais, le vieille homme de la 608.
– Merde! Putain de grippe ! Reste en sécurité.

7.– Monsieur, plus d'alcool possible ?
8.– Bien sûr monsieur

9.
 oh, des framboises, dit le groom, comprenant la question silencieuse d'Antonio. "608" pas très bonne personne. Il a demandé des framboises, mais elles étaient surgelées. Il les a jetées sur moi... C'est mort, ça ne partira jamais. Ajouta-t-il en examinant sa chemise.
– Ah, "608" pas mort alors ? Demanda Antonio, comme s'il demandait qu'on lui passe le sel.
– Mort ? Pas encore ! Dit-il, ponctué d'un clin d’œil pour bien spécifier que c'était de l'humour.

10.
– ah Sergio ! Dit-il en voyant un homme au bout du couloir arriver."Sécurité du navire", nous dit-il, les gens deviennent fous, alors Sergio fait le service avec moi.
Ok les gens, Je suis mort, passez une bonne nuit, conclut-il, en nous invitant à regagner nos cabines.

À propos

Blog voyage - Road trip, rando et farniente ! Le monde nous attend, prend ton sac on y va ! // Photos - récits - conseils - itinéraires... //